Depuis fin février 2022 et l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, le marché de l’énergie, notamment européen, se trouve déstabilisé. En effet, la Russie est l’un des principaux exportateurs de gaz et de pétrole en Europe et l’instabilité politique actuelle entraine une versatilité des prix. Depuis lors, de nombreuses décisions ont été prises au niveau européen afin de réduire notre dépendance énergétique à la Russie.
Mix énergétique français et réunionnais
Si le mix énergétique français est moins carboné que ses voisins européens grâce à une production électrique majoritairement nucléaire, la situation à La Réunion est différente. En tant que zone non-interconnectée avec un réseau routier très dense, La Réunion présente un mix énergétique composé majoritairement d’énergies fossiles : plus de 85% de la consommation énergétique est d’origine fossile.
Ces énergies fossiles sont bien évidemment importées et La Réunion a pour objectif (via notamment la mise en œuvre de sa Programmation Pluriannuelle de l’Energie, ou PPE) de réduire sa dépendance, jusqu’à atteindre l’autonomie énergétique. La mise en œuvre de cette PPE devrait permettre une évolution positive du taux d’indépendance énergétique ainsi que du taux d’indépendance électrique, pour atteindre respectivement 31% et 56% en 2028. Cette évolution passera notamment par un fort développement des énergies renouvelables sur l’île.

Source : Bilan Energétique de La Réunion – Chiffres clés édition 2020 – Horizon Réunion & OER
Quel impact économique pour la réunion ?
La dépendance de l’Europe au pétrole et au gaz russe est importante. Si la France fait office de cas particulier, elle n’en est pas moins impactée par l’embargo sur ces matières premières et par les décisions prises en représailles par le gouvernement russe. La Réunion, bien que située à plus de 9 000 kms de la métropole, ressent également les effets sur sa propre consommation d’énergie.
Comme observé par l’ensemble des automobilistes de l’île, les prix à la pompe ne cessent d’augmenter depuis de nombreux mois. En l’espace d’un an, les prix du gasoil et du sans-plomb ont connu des augmentations respectives de 34% et 19%. Malgré la remise à la pompe de 15 centimes depuis le début du mois d’avril, cela n’a pas suffi à contrebalancer entièrement la hausse des prix comme on peut le constater sur le graphique ci-contre.
Le gaz a subi le même type d’inflation que les carburants précédemment cités : en un an, le prix de la bouteille de gaz de 12,5 kg a subi une augmentation de 38%.

Evolution des prix de l’essence à La Réunion. (Source : habiter-la-réunion.re)
Concernant l’électricité, l’augmentation est également brutale. En février 2022, le coût du MWh a augmenté de plus de 40%. Cependant, l’Etat et EDF ont pris en charge la majeure partie de cette augmentation afin que l’intégralité de la hausse ne soit pas répercutée sur les factures des consommateurs finaux.
L’augmentation des prix ne datent pas du début de la crise ukrainienne, qui n’est qu’une cause parmi d’autres. C’est une tendance globale qui est intensifiée par cette crise. De nombreuses études (menées par la CRE, la Cour des Comptes, l’UFE, …) projettent une augmentation continue du prix de l’électricité d’ici 2030 qui se répercutera nécessairement sur les tarifs observés à La Réunion.
Par ailleurs, en tant que zone non-interconnectée, la production d’électricité à La Réunion est nettement plus chère qu’en métropole. Cependant, le principe de péréquation tarifaire permet d’uniformiser le prix de l’électricité pour l’ensemble de la France (métropolitaine et DROM). Ainsi, les réunionnais ne payent pas plus cher leur facture d’électricité malgré un coût de production local plus élevé.
Quelles conséquences dans les bâtiments ?
En tant qu’un des principaux consommateurs d’énergie, le secteur du bâtiment a un rôle majeur à jouer. Le coût haussier de l’énergie doit inciter les propriétaires et les locataires à anticiper cette contrainte et entamer la mise en place d’une démarche de maitrise des consommations. Le bénéfice financier est loin d’être négligeable puisque l’on estime que la mise en place d’action de sobriété et d’efficacité énergétique permet d’économiser de 5 à 10% sur sa facture énergétique dès la première année. Ces économies peuvent être obtenues en rationalisant certains des principaux postes de consommation : l’éclairage, la climatisation, la ventilation et la bureautique.
A titre d’exemple, pour un immeuble de bureau de 2 000 m² consommant 140 kWh/m²/an, cela représente une facture annuelle d’environ 30 000 €HT (hors abonnement et taxes). Dès la première année, les économies sont donc comprises entre 1 500 et 3 000 €.

Source : OER, Horizon Réunion
Les solutions pour contrôler sa facture énergétique
Experts de ces enjeux, les ingénieurs en maitrise de la demande énergétique d’INTEGRALE INGENIERIE peuvent vous accompagner dans la mise en place d’une démarche globale de maitrise des consommations, et donc de vos dépenses liées à l’énergie.
La réalisation d’un état des lieux de la situation énergétique de vos locaux est une étape préalable nécessaire. Par la suite, les experts INTEGRALE INGENIERIE vous accompagnent lors de la mise en place des actions d’amélioration de la performance énergétique, ainsi que pour assurer le suivi dans le temps de cette performance.