A l’heure où les réglementations énergétiques commencent à arriver pour les départements d’outre-mer, nombreuses sont les entités qui travaillent à l’amélioration de la performance énergétique de leur parc immobilier. Devant l’importance des enjeux et des objectifs, la priorité est souvent donnée aux rénovations énergétiques (indispensables) et à l’optimisation de l’exploitation. Et si dans cette course aux économies d’énergie, on oubliait le maillon final qui permettrait d’atteindre, voire de surpasser les objectifs d’économie d’énergie ?

Des économies d’énergie qui peinent à décoller, mais comment l’expliquer ?
Ça y est, vous venez de terminer des travaux d’amélioration énergétique : nouveau groupe de climatisation performant installé en toiture, super télécommande de gestion centralisée fixée au mur, brasseurs d’air haute performance et luminaires LED dernier cri.
Oui mais voilà…après quelques mois en exploitation tous ces efforts ne présentent pas les effets escomptés sur votre facture d’électricité.
Il n’est malheureusement pas rare, de voir quelques mois après une rénovation énergétique, les consommations repartir à la hausse, allant même jusqu’à dépasser les consommations précédentes… c’est ce qu’on appelle l’effet rebond.
Effet rebond : Par la recherche d’un confort accru, les rénovations ne donnent pas tous leurs effets en matière de réduction des consommations énergétiques. Exemple : de nouveaux luminaires LED viennent remplacer d’anciens tubes fluorescents. Comme il est connu que ce nouveau type de luminaires consomme moins que les précédents, la vigilance sur l’extinction des lumières est réduite.
Mais pourquoi un effet rebond ?
Si les comportements énergivores ne sont pas rares ils ne sont pas pour autant volontaires. En effet, sur son lieu de travail, un employé a mille et une « raisons » d’oublier d’éteindre son ordinateur en partant le soir, ou encore de ne pas se rendre compte que sa fenêtre est ouverte alors que la climatisation est en marche dans l’open space.
En réalité, les comportements inadaptés sont en majorité dus aux évolutions des normes de confort, à la complexité des technologies utilisées, à un manque de prise en compte des besoins et des comportements des occupants, à un manque de formation et d’informations des usagers, ou encore à des habitudes tenaces…
L’effet rebond peut se manifester à toutes les étapes du processus de production/consommation d’énergie.
Habitudes énergivores : une seule solution, l’automatisation ?
On peut alors penser que la solution à l’effet rebond et aux comportements associés est « tout simplement » l’automatisation des systèmes de climatisation, d’éclairage etc… Mais remplacer l’intelligence humaine par un « robot » n’est pas une solution pérenne. D’autant plus que cette perte de contrôle, notamment sur le confort, risque d’engendrer chez les usagers une baisse d’implication.
Et là, un important surcoût financier se profile : surcoût généré par l’achat des automates ET surcoût dû à la dégradation des consommations liée aux mauvais usages.
Vous l’aurez compris, cela accentuerait l’effet rebond au lieu de l’annuler.
En revanche, cette solution technique n’est pas à mettre totalement de côté. Autrement dit, pour que la gestion automatique nécessaire à certains équipements soit vu par l’utilisateur comme un facilitateur de vie et non comme une perte de liberté, les automatisations effectuées doivent être communiquées et expliquées.
Mais alors quelle solution ? Comme bien souvent, la clé du problème réside dans l’équilibre. Dans notre cas, un équilibre est à trouver entre liberté laissée aux usagers et automatisation.
Si la rénovation énergétique et l’optimisation de l’exploitation sont des leviers connus et reconnus pour améliorer l’efficacité énergétique d’un bâtiment, la sensibilisation et la formation des usagers sont les grandes oubliées des actions d’amélioration de la performance énergétique…et pourtant c’est bien une combinaison de ces trois leviers qui permettront de garantir un maintien dans le temps de l’efficacité énergétique tant convoitée.
Sensibilisation des occupants : des chiffres, des chiffres !
La sensibilisation/formation peut avoir un impact non négligeable sur les consommations énergétiques. En effet, un comportement vertueux des usagers peut permettre des économies d’énergie de l’ordre de 5 à 10 % (Manexi, 2014), dans certains cas particuliers ce pourcentage pourrait même atteindre les 20% ! En parallèle, les investissements financiers nécessaires à la sensibilisation demeurent relativement faibles et une cohérence de groupe est instaurée. Les bénéfices sont donc multiples.
Pour une approche globale, cette démarche est à envisager en parallèle des actions de rénovation énergétique et d’optimisation de l’exploitation. Il a été démontré que la sensibilisation des usagers en complément de l’optimisation de l’exploitation représenterait un potentiel d’économie d’énergie de 22% (Manexi, 2014).
De plus, comme expliqué précédemment, la sensibilisation des usagers sur des gestes simples du quotidien permet d’éviter l’usage de l’électronique et de la domotique qui consomment de l’énergie (parfois dissimulée).
La sensibilisation des usagers : par où commencer ?
La sensibilisation c’est avant tout de l’humain et donc une certaine part de psychologie. Il est important de se pencher sur les freins physiques et psychologiques qui « empêchent » vos collaborateurs d’adopter un comportement vertueux. Pour cela, rien de mieux que l’échange et la communication.
Une fois ces barrières identifiées, il s’agira de trouver l’outil adéquat pour les lever. Pour cela, plusieurs leviers psychologiques persuasifs peuvent vous aider à convaincre l’ensemble des collaborateurs même les plus réticents. L’objectif final étant de rendre l’effort supplémentaire le plus naturel possible.
La volonté de changement doit être collective pour être pérenne. Ainsi, il faut respecter le processus de changement ; qui comporte plusieurs phases dont certains petits retours en arrière indispensable pour permettre l’assimilation. L’important étant de garder une dynamique collective qui servira d’élan lors des pertes de motivation individuelle.
L’humain au centre de l’amélioration énergétique : un vrai parti pris chez INTEGRALE
Chez INTEGRALE INGENIERIE nous en sommes convaincus : les usagers sont la pièce manquante du puzzle de l’efficacité énergétique, la touche finale qui permet d’atteindre les objectifs énergétiques qu’ils soient réglementaires ou non.
Pour cela, nous avons mis le pied à l’étrier en sensibilisant et en informant nos collaborateurs à fréquence régulière (environ tous les mois) sur les moyens de réduire les consommations individuelles au bureau, sur la répartition des consommations mesurées dans les locaux, sur les économies d’énergie réalisées etc…
Par ailleurs, les ingénieurs en efficacité énergétique d’INTEGRALE INGENIERIE ont particulièrement à cœur de proposer lors de leurs diverses études des préconisations sur la formation des usagers au même titre que des préconisations énergétiques plus classiques.