Le changement climatique accentue les défis de conception des bâtiments, surtout dans les territoires insulaires comme Mayotte. CLIMAYOTTE vise à rendre les bâtiments tertiaires plus confortables, sobres en énergie et résilients face aux évolutions climatiques. Ce projet s’inscrit dans le programme national OMBREE (Outre-Mer pour des Bâtiments Résilients et Économes en Énergie), pilotéporté par l’Agence Qualité Construction et financé par les CEE.
🌍 Pourquoi CLIMAYOTTE ?
Ă€ Mayotte, la conception bioclimatique des bâtiments s’appuyait jusqu’ici sur les donnĂ©es d’une seule station mĂ©tĂ©o situĂ©e Ă l’aĂ©roport de Pamandzi. Or, il est nĂ©cessaire d’adapter la conception des bâtiments aux rĂ©alitĂ©s climatiques locales pour garantir Ă la fois le confort des usagers et la performance environnementale. Cette adaptation est d’autant plus nĂ©cessaire dans un contexte de changement climatique.
Les 3 volets du projet CLIMAYOTTE
Le projet CLIMAYOTTE repose sur trois volets essentiels pour adapter la conception des bâtiments tertiaires de Mayotte aux enjeux du changement climatique.
📡 1. Le climat
Pour mieux comprendre le climat local, deux nouvelles stations météo ont été installées à Dembeni and Ouangani, en partenariat avec le laboratoire EnergyLab de l’Université de La Réunion. Autonomes grâce à l’énergie solaire, elles mesurent en continu le rayonnement solaire, la température, l’humidité et la direction des vents. Ces données permettent d’affiner la connaissance des microclimats mahorais, d’adapter la conception des bâtiments aux conditions réelles.
L’Ă©volution du climat Ă horizon 2070 a Ă©galement Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©e : la conception des bâtiments devra s’adapter aux conditions thermiques plus extrĂŞmes.
🏫 2. L’instrumentation
Des campagnes de mesure ont été réalisées dans deux collèges représentatifs :
• Ouangani, conçu avec des principes bioclimatiques,
• Dembeni, plus ancien et moins optimisé.
Ces observations ont révélé un usage parfois excessif et mal régulé de la climatisation et une sous-utilisation des brasseurs d’air. Elles ont aussi mis en évidence l’importance de l’orientation des bâtiments, de la végétalisation et des protections solaires, qui peuvent réduire la température intérieure jusqu’à –2 °C, améliorant ainsi le confort thermique et réduisant la consommation énergétique
đź’» 3. Les simulations
Plus de 2 400 simulations thermiques dynamiques ont été menées pour évaluer l’impact des choix architecturaux (isolation, orientation, protections solaires, ventilation) et des scénarios climatiques futurs (RCP 4.5).
Les résultats montrent qu’en l’absence d’adaptation, les consommations de climatisation pourraient augmenter de 25 % d’ici 2070. Cependant, en optimisant la conception – régulation optimisée de la climatisation, isolation performante, protections solaires efficaces, ventilation adaptée et bonne orientation – il est possible de réduire jusqu’à 66 % la consommation liée à la climatisation, tout en améliorant le confort et en limitant les émissions de CO₂.
🌱 Enseignements clés
Le projet met en évidence qu’il n’existe pas de solution unique.
Le confort thermique et la performance énergétique dépendent de l’équilibre entre :
- Protections solaires,
- Isolation,
- Gestion de la porosité et de la ventilation naturelle,
- Végétalisation autour des bâtiments.
Il est aussi crucial d’accompagner les usagers :
- Par la sensibilisation (par exemple via un livret d’accueil),
- Par une régulation plus fine de la climatisation (température de consigne, horaires, complément par brasseurs d’air).
Découvrez tous les résultats et recommandations dans le document complet CLIMAYOTTE
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